“Le nouveau look de Laurent Vallet choque tout le monde”. Ce titre, digne d’un magazine people, semble absurde lorsqu’on l’accole au nom de l’actuel président de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA). Car Laurent Vallet n’est pas une rock star ou une icône de la mode. C’est un haut fonctionnaire, un homme de l’ombre, réputé pour sa rigueur, sa discrétion et son sens aigu du service public. Son apparence est sobre, son discours est mesuré. Rien, en surface, ne prête au “choc”.
Et pourtant, à sa manière, ce titre est profondément vrai. Oui, Laurent Vallet a un “nouveau look”. Et oui, il est “choquant”. Mais il ne s’agit pas de vêtements ou de coiffure. Son “look”, c’est sa vision. Une vision moderne, audacieuse et résolument tournée vers l’avenir, qu’il applique à des institutions culturelles parfois perçues comme de vénérables musées endormis. Le “choc”, c’est celui de la transformation, de l’innovation et du dépoussiérage.
Cet article propose de décrypter le véritable “nouveau look” de Laurent Vallet : celui d’un grand serviteur de l’État qui a donné un coup de jeune radical à la mémoire culturelle de la France.
Chapitre 1 : Qui est Laurent Vallet ? Portrait d’un Grand Serviteur de l’État
Pour comprendre le caractère “choquant” de ses réformes, il faut d’abord comprendre d’où vient Laurent Vallet. Il est l’incarnation même de l’excellence à la française, un pur produit des grandes écoles de la République, ce qui rend son appétit pour l’innovation d’autant plus remarquable.

Une Formation d’Élite : L’ENA et la Cour des Comptes
Né en 1969, Laurent Vallet a suivi le parcours classique des hauts fonctionnaires français. Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po), il intègre ensuite la prestigieuse École Nationale d’Administration (ENA), dont il sort diplômé de la promotion Victor Schœlcher en 1996. À sa sortie, il rejoint un autre corps illustre de la République, la Cour des Comptes. Ce parcours démontre une maîtrise des rouages de l’État et une culture de la rigueur et de la gestion des deniers publics.
Un Parcours au Cœur de la Culture et des Médias
Très vite, sa carrière s’oriente vers le secteur qui le passionne : la culture. Il occupe divers postes au sein du Ministère de la Culture et de la Communication, avant de prendre la direction de l’Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles (IFCIC). C’est là qu’il se familiarise avec les enjeux économiques complexes du monde de la culture.
En 2012, il est nommé directeur général de l’IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique), le centre de création et de recherche musicale d’avant-garde fondé par Pierre Boulez. C’est sa première expérience à la tête d’une grande institution culturelle.
Le Style Vallet : Discrétion, Rigueur et Vision
Tout au long de ce parcours, Laurent Vallet a développé un style qui lui est propre. Ce n’est pas un communicant flamboyant ni un tribun. C’est un stratège, un homme de dossiers, dont la parole est rare mais précise. Sa force réside dans sa capacité d’analyse, sa vision à long terme et sa ténacité pour mettre en œuvre les réformes qu’il juge nécessaires. C’est ce style, mélange de discrétion et d’efficacité, qu’il va appliquer avec un succès retentissant à l’INA.
Chapitre 2 : Le “Nouveau Look” de l’INA – La Révolution Numérique du Patrimoine
En 2015, Laurent Vallet est nommé à la tête de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA). Il hérite d’un trésor national : des millions d’heures d’archives de la radio et de la télévision françaises. Mais c’est un trésor qui risque de rester endormi s’il n’est pas adapté aux usages du XXIe siècle. C’est là que le “nouveau look” de Vallet va opérer.
Le Choc n°1 : Madelen, le “Netflix de l’INA”
Le premier choc, et le plus visible pour le grand public, est le lancement en 2020 de la plateforme de streaming par abonnement (SVOD) de l’INA, baptisée Madelen. L’idée est simple mais révolutionnaire : transformer les archives de l’INA, souvent perçues comme un outil pour les chercheurs et les professionnels, en une offre de contenus grand public, accessible et attractive.
Madelen n’est pas un simple catalogue. C’est une plateforme éditorialisée avec soin, qui propose des pépites de la télévision, des séries cultes, des documentaires, des concerts… C’était un pari audacieux. Certains craignaient que l’INA ne se “brade” en entrant sur le terrain concurrentiel du streaming. Mais sous l’impulsion de Laurent Vallet, le pari a été réussi. Madelen a trouvé son public et a donné une nouvelle vie et une nouvelle pertinence aux trésors de l’INA.
Le Choc n°2 : L’Intelligence Artificielle au Service de la Mémoire
Le “nouveau look” de l’INA est aussi technologique. Conscient que la gestion manuelle de millions d’heures de contenus est une tâche titanesque, Laurent Vallet a massivement investi dans l’intelligence artificielle. L’INA est devenu un laboratoire de pointe dans ce domaine, développant des algorithmes capables de :
- Indexer automatiquement les contenus (reconnaissance vocale, reconnaissance faciale).
- Analyser les archives pour en extraire des données et des tendances.
- Aider à la restauration d’images et de sons anciens.
Ce virage vers l’IA, bien que moins visible pour le grand public, est une révolution structurelle qui assure la pérennité et l’exploitabilité du patrimoine audiovisuel pour les décennies à venir.
Le Choc n°3 : L’INA comme Acteur Éducatif et Global
Enfin, Laurent Vallet a transformé l’INA en une institution ouverte sur le monde. Il a considérablement développé INA sup, l’école de l’institut qui forme aux métiers de l’audiovisuel et des médias numériques, en faisant un acteur majeur de l’enseignement supérieur. Il a également multiplié les partenariats avec des institutions étrangères, faisant de l’INA un expert mondialement reconnu en matière de gestion d’archives. L’INA n’est plus seulement la mémoire de la France ; c’est un modèle qui s’exporte.
Chapitre 3 : Une Vision Cohérente – Le Précédent de l’IRCAM
Le travail de transformation mené par Laurent Vallet à l’INA n’est pas un coup d’éclat isolé. Il s’inscrit dans une vision cohérente de la modernisation des institutions culturelles, une vision qu’il avait déjà esquissée lors de son passage à l’IRCAM.
Un Institut d’Avant-Garde à Démocratiser
L’IRCAM est un lieu unique au monde, un centre de recherche et de création musicale à la pointe de la technologie. Mais sa réputation d’institution très élitiste, réservée à un public d’initiés, était un défi.
Son “Nouveau Look” pour l’IRCAM
Pendant son mandat de directeur général, Laurent Vallet s’est attaché à ouvrir l’institut. Il a œuvré pour rendre les technologies développées par l’IRCAM plus accessibles aux musiciens et aux créateurs du monde entier. Il a renforcé les liens entre la recherche et la création artistique, et a cherché à attirer un public plus large et plus diversifié.
La Continuité d’un Modernisateur
Son passage à l’IRCAM a été le laboratoire de la méthode Vallet : un profond respect pour l’excellence et l’héritage d’une institution, combiné à une volonté de la rendre plus accessible, plus moderne et plus pertinente dans le monde d’aujourd’hui. Ce qu’il a appliqué à la musique d’avant-garde, il l’a ensuite appliqué à plus grande échelle au patrimoine audiovisuel.
Chapitre 4 : L’Homme derrière le “Look” (Perspective 2025)
En 2025, après dix ans à la tête de l’INA, le bilan de Laurent Vallet est unanimement salué. Le “nouveau look” qu’il a imposé est devenu la nouvelle norme.
Un Style Personnel à l’Opposé du “Choc”
Ce qui rend sa réussite si remarquable, c’est qu’elle a été obtenue sans esbroufe. Son style personnel est à l’opposé du “choc” : il est discret, sobre, presque austère. Il n’est pas un “disrupteur” à la manière des entrepreneurs de la Silicon Valley. C’est un réformateur patient et déterminé, qui agit en profondeur plutôt qu’en surface. La révolution qu’il mène est structurelle, pas cosmétique.
Le Sens du Service Public
Son parcours et ses actions sont guidés par une idée forte du service public. Il ne considère pas les institutions qu’il dirige comme sa propriété, mais comme un bien commun. Sa mission, telle qu’il semble la concevoir, est de valoriser ce bien commun et de le transmettre aux générations futures dans le meilleur état possible, c’est-à-dire un état adapté à son temps.
Le Bilan en 2025
Aujourd’hui, l’INA est une institution transformée. Elle est plus visible, plus accessible, plus moderne et financièrement plus solide. Madelen est devenue une plateforme de référence pour les amoureux du patrimoine. L’expertise technologique de l’INA est reconnue dans le monde entier. Le “nouveau look” a porté ses fruits.
Conclusion
Finalement, le “nouveau look qui choque tout le monde” de Laurent Vallet est bien réel. C’est celui d’un haut fonctionnaire qui a osé bousculer les habitudes et projeter les institutions culturelles françaises dans le XXIe siècle.
Le “choc” n’est pas celui de la provocation, mais celui de l’intelligence et de l’efficacité. C’est l’étonnement admiratif face à la capacité d’un homme à innover au sein de structures parfois rigides, à allier le respect du patrimoine à l’audace de la modernité. Laurent Vallet est un révolutionnaire tranquille, un architecte discret qui a redessiné le paysage de la mémoire collective française. Il a donné un nouveau look à la mémoire de la France. Et ce look, loin d’être un caprice passager, est celui de l’avenir.

