Le silence était devenu assourdissant. Depuis le triomphe mondial de Julie (en 12 chapitres) en 2021, le monde du cinéma d’auteur attendait, avec une impatience mêlée d’appréhension, le prochain geste du réalisateur norvégien Joachim Trier. Comment un cinéaste pouvait-il donner une suite à un film qui avait si parfaitement capturé l’air du temps, qui avait valu un prix d’interprétation à Cannes à son actrice et qui s’était frayé un chemin jusqu’aux nominations aux Oscars ?
Mais en cet été 2025, la nouvelle est enfin tombée, provoquant une onde de choc dans la communauté cinéphile. Joachim Trier est de retour. Son nouveau film, dont le tournage est imminent, a un titre qui sonne déjà comme une promesse : “L’Écho des Souvenirs”. Et pour porter ce nouveau récit, il a réuni sa “famille” de cinéma : ses acteurs fétiches, la star internationale Renate Reinsve et le charismatique Anders Danielsen Lie.
Cette simple annonce suffit à créer l’événement. Mais pourquoi chaque nouveau projet de ce réalisateur venu du froid suscite-t-il une telle intrigue ? Cet article propose de décortiquer les raisons de cette fascination, de revenir sur le triomphe qui a précédé ce nouveau chapitre, et d’explorer ce que l’on peut attendre de ce film qui intrigue déjà.
Chapitre 1 : L’Onde de Choc de “Julie (en 12 chapitres)”

Pour comprendre l’attente qui entoure “L’Écho des Souvenirs”, il faut mesurer l’impact phénoménal de son prédécesseur. Julie (en 12 chapitres) n’a pas été qu’un simple succès critique ; ce fut un véritable phénomène culturel.
Un Triomphe Inattendu à Cannes
Présenté en compétition au Festival de Cannes en 2021, le film a immédiatement séduit. Dans un festival souvent dominé par des œuvres sombres et radicales, la comédie dramatique douce-amère de Trier a apporté une bouffée d’air frais. Le film a été salué pour son intelligence, son humour et sa profonde humanité. Le point culminant a été la consécration de son actrice principale, Renate Reinsve, qui a remporté le Prix d’interprétation féminine pour sa performance éblouissante, alors qu’elle était sur le point d’abandonner le métier d’actrice.
La Conquête du Monde et les Oscars
Après Cannes, le film a entamé une conquête mondiale. Fait rare pour un film norvégien, il a connu un succès commercial important aux États-Unis et en Europe. La critique internationale était unanime. Cette vague de succès a porté le film jusqu’à la cérémonie des Oscars 2022, où il a décroché deux nominations prestigieuses : Meilleur Film International et, plus impressionnant encore, Meilleur Scénario Original pour Joachim Trier et son co-scénariste Eskil Vogt.
Le Film d’une Génération
Mais au-delà des prix, Julie (en 12 chapitres) a réussi quelque chose de bien plus rare : il a touché une corde sensible et est devenu le film d’une génération. Le portrait de Julie, une jeune femme approchant la trentaine, naviguant avec incertitude entre ses amours, ses ambitions professionnelles et ses doutes existentiels, a trouvé un écho universel. Le film a capturé avec une précision et une tendresse infinies le sentiment de flottement, l’anxiété et l’humour de la génération milléniale. Comment, après un tel accomplissement, un tel alignement des planètes, un réalisateur peut-il se renouveler ? C’est le cœur de l’intrigue actuelle.
Chapitre 2 : La “Patte” Trier – Anatomie d’un Style
L’intrigue autour du nouveau film de Joachim Trier vient aussi de sa signature de cinéaste, reconnaissable entre toutes. Il a développé un style et des thèmes qui font de chaque film une nouvelle pièce d’un puzzle cohérent et profondément humain.
La Trilogie d’Oslo comme Manifeste
“L’Écho des Souvenirs” viendra clore une tétralogie informelle qui explore la vie dans la capitale norvégienne. Les trois premiers volets, connus comme la “Trilogie d’Oslo”, sont :
- Nouvelle Donne (Reprise, 2006) : Un premier film brillant sur l’amitié et la rivalité de deux jeunes écrivains.
- Oslo, 31 août (2011) : Un chef-d’œuvre sombre et poignant sur les 24 dernières heures d’un toxicomane en voie de guérison.
- Julie (en 12 chapitres) (2021) : Le volet le plus lumineux, centré sur un personnage féminin.
Ces trois films, bien que très différents dans leur tonalité, partagent une exploration commune des thèmes qui obsèdent le réalisateur.
Les Thèmes de Prédilection : Le Temps, l’Amour, l’Identité
Le cinéma de Joachim Trier est un cinéma de l’introspection. Il s’intéresse aux moments de bascule, aux carrefours de l’existence. Ses personnages sont souvent en décalage, luttant pour trouver leur place dans le monde et dans leur propre vie. Le temps qui passe, la mémoire, les regrets, l’amour comme force à la fois créatrice et destructrice, et la quête d’une identité stable sont au cœur de son œuvre.
Une Mise en Scène Poétique et Énergique
Ce qui rend son cinéma si unique, c’est sa capacité à traiter ces thèmes mélancoliques avec une énergie et une inventivité visuelle constantes. Sa mise en scène est tout sauf statique. Il utilise des voix off littéraires, des montages musicaux virtuoses, des chapitrages, des apartés oniriques (comme la scène où le monde se fige autour de Julie) et une caméra toujours en mouvement. C’est un cinéma qui pense et qui danse en même temps.
Chapitre 3 : La “Famille” de Cinéma – Les Collaborateurs Essentiels
L’intrigue est également nourrie par le retour de sa “famille” artistique. Joachim Trier est un cinéaste fidèle, qui a construit son œuvre avec une équipe soudée de collaborateurs essentiels.
Eskil Vogt, le Frère d’Écriture
On ne peut pas parler du cinéma de Trier sans parler d’Eskil Vogt. Co-scénariste de tous ses films, Vogt est bien plus qu’un simple collaborateur. Il est l’autre moitié du cerveau créatif. Leur partenariat, qui dure depuis plus de vingt ans, est l’un des plus fructueux du cinéma contemporain. Vogt est également un réalisateur de grand talent (on lui doit les films acclamés Blind et The Innocents), ce qui enrichit d’autant plus leur collaboration.
Anders Danielsen Lie, l’Acteur Fétiche
Si le cinéma de Trier a un visage, c’est celui d’Anders Danielsen Lie. L’acteur norvégien, qui est aussi médecin dans la vie, a joué dans la quasi-totalité de ses films. Il incarne à la perfection une forme de mélancolie moderne, une intelligence sensible et une fragilité touchante. Il est l’alter ego masculin du cinéma de Trier.
Renate Reinsve, la Révélation Devenue Muse
L’histoire de Renate Reinsve est un conte de fées. Après une seule ligne de dialogue dans Oslo, 31 août, Trier lui a offert dix ans plus tard le rôle de sa vie avec Julie. Son explosion au niveau international a été l’une des plus belles histoires de cinéma de ces dernières années. Le fait qu’elle soit la tête d’affiche du nouveau film est une promesse en soi.
Chapitre 4 : “L’Écho des Souvenirs” – À Quoi Faut-il s’Attendre ?
Avec l’annonce du titre, du casting et des premières bribes de synopsis, l’intrigue autour du nouveau film prend forme.
Les Premières Informations : Un Drame Familial
Selon les premières informations, “L’Écho des Souvenirs” racontera l’histoire d’une architecte à succès (Renate Reinsve) qui, après la mort de ses parents, découvre une correspondance secrète qui remet en question toute l’image qu’elle avait de sa famille et de sa propre enfance. Anders Danielsen Lie jouerait un ami du passé qui refait surface avec ces révélations.
Une Exploration de la Mémoire et du Deuil
Le titre et le synopsis suggèrent que Trier va explorer ses thèmes de prédilection sous un nouvel angle. Le film s’annonce comme une réflexion profonde sur la mémoire, la manière dont nous construisons nos récits familiaux, et la part de fiction que contiennent nos souvenirs les plus chers. On peut s’attendre à une narration non-linéaire, naviguant entre le présent et les flashbacks, dans un style à la fois intime et poétique.
Le Défi de l’Après-“Julie”
L’intrigue principale réside dans la manière dont Trier va gérer l’après-Julie. Va-t-il essayer de recréer la formule magique de son succès précédent, au risque de se répéter ? Ou va-t-il prendre le contre-pied, avec une œuvre peut-être plus sombre et plus introspective, dans la veine d’Oslo, 31 août ? C’est ce défi, celui de se renouveler après avoir atteint un sommet, qui rend ce nouveau projet si passionnant.
Conclusion
En 2025, Joachim Trier n’est plus seulement le secret le mieux gardé du cinéma norvégien. Il est l’un des auteurs les plus importants et les plus attendus du cinéma mondial. L’intrigue qui entoure son nouveau film, “L’Écho des Souvenirs”, est à la hauteur de son talent. C’est l’attente d’une œuvre qui, on le sait d’avance, sera intelligente, touchante, et profondément humaine.
Le monde du cinéma retient son souffle, non pas pour découvrir un simple film, mais pour retrouver une voix. Une voix qui, à travers des histoires se déroulant à Oslo, parvient à parler de nous tous, de nos doutes, de nos amours et du temps qui file. Nous ne sommes pas seulement intrigués ; nous sommes prêts à être à nouveau émus, bousculés et, d’une certaine manière, compris. Et pour cela, l’attente en vaut toujours la peine.

